Accessibilité numérique : 4 idées reçues sur vos supports digitaux
Quand on parle d’accessibilité numérique, la conversation démarre presque toujours au même endroit : le site internet. Pourtant, vos clients, vos adhérents ou vos partenaires ne consultent pas que votre site. Ils ouvrent vos catalogues, vos brochures en PDF, vos guides produits, vos rapports annuels. Tous ces supports comptent.
Depuis l’entrée en application de l’European Accessibility Act, en juin 2025, le sujet revient dans quasiment tous nos rendez-vous. Et avec lui, les mêmes objections. Je vous propose de reprendre les quatre que j’entends le plus souvent, et de vous dire franchement ce qu’il en est.
Rendre nos supports digitaux 100 % accessibles, c’est impossible
C’est l’objection la plus fréquente, et elle part d’une bonne intuition. Un catalogue de 200 pages avec des tableaux techniques, des schémas et des dizaines de visuels produits ne deviendra pas parfait du jour au lendemain.
Mais l’accessibilité ne se joue pas en tout ou rien. Le référentiel français, le RGAA, prévoit d’ailleurs plusieurs niveaux : un support peut être totalement, partiellement ou non conforme. Ce qui compte, c’est la démarche : savoir où vous en êtes, corriger ce qui bloque vraiment, puis progresser support après support.
Concrètement, rendre un document accessible, c’est par exemple :
- structurer les titres pour qu’un lecteur d’écran puisse passer d’une partie à l’autre ;
- définir un ordre de lecture logique ;
- décrire les images utiles avec un texte alternatif ;
- vérifier les contrastes entre le texte et le fond ;
- rendre les tableaux lisibles cellule par cellule.
Rien d’impossible là-dedans. C’est un travail méthodique, et c’est ce que nous faisons au quotidien sur les catalogues, les PDF et les versions web de nos clients.
L’accessibilité digitale, c’est moche
Pour vos PDF, je peux vous rassurer tout de suite. Quand nous rendons un PDF accessible, le document que vous voyez à l’écran reste identique : même mise en page, mêmes couleurs, mêmes visuels. Nous ajoutons une sous-couche invisible qui contient la structure, l’ordre de lecture et la description des images. Vos lecteurs voient le même catalogue, et les personnes qui utilisent un lecteur d’écran peuvent enfin le parcourir.
Pour la version web accessible, je préfère être transparent : la personnalisation graphique est plus encadrée. Pour répondre à la réglementation, il faut respecter certaines contraintes sur les contrastes, la taille des textes, la structure des pages ou la navigation au clavier. On garde votre identité (logo, couleurs, typographies quand elles s’y prêtent), mais on ne peut pas tout se permettre. En contrepartie, vous obtenez une version claire, lisible sur tous les écrans, et souvent plus confortable à lire pour tout le monde.
L’accessibilité, ça coûte cher
Tout dépend du moment où on s’en occupe.
Si l’accessibilité est prise en compte dès la conception du support, son coût se dilue dans le projet. Les bons choix sont faits dès le départ et il n’y a presque rien à reprendre ensuite.
S’il faut rendre accessible un PDF déjà existant, le prix dépend surtout de deux choses : le nombre de pages et la complexité du document. Un livret de 12 pages majoritairement texte n’a rien à voir avec un catalogue technique rempli de tableaux et d’images.
Pour la version web accessible, un coût de départ est généralement appliqué pour la mise en place. Ensuite, la plupart des corrections et des mises à jour peuvent être faites par vos équipes, en autonomie et sans surcoût.
Une grande compagnie d’assurance m’a déjà expliqué que rendre tous ses supports accessibles lui coûterait trop cher. La question est légitime, et la réponse n’est pas forcément de tout traiter d’un coup. On peut commencer par les documents les plus consultés ou les plus importants pour vos clients, puis avancer par étapes. Et surtout, intégrer l’accessibilité dans chaque nouveau support, pour ne plus avoir à repasser derrière.
L’accessibilité de nos supports en ligne ne nous concerne pas
Beaucoup d’entreprises se pensent tranquilles parce que leur site internet a été audité ou refait aux normes. Le site n’est pourtant qu’une partie du sujet. Si vous y mettez en ligne des catalogues, des fiches produits ou des brochures en PDF non accessibles, ces documents font partie de votre contenu en ligne, et ils dégradent votre niveau d’accessibilité global.
Côté réglementation, il existe bien des exemptions. L’European Accessibility Act ne s’applique pas, notamment :
- aux microentreprises qui fournissent des services, c’est-à-dire moins de 10 salariés et un chiffre d’affaires annuel (ou un total de bilan) inférieur ou égal à 2 millions d’euros ;
- aux documents bureautiques, comme les PDF, publiés avant le 28 juin 2025 ;
- aux contenus publiés par des tiers que vous ne contrôlez pas ;
- aux cas où la mise en conformité représenterait une charge disproportionnée, à condition de pouvoir le justifier.
En clair, si vous n’êtes pas une microentreprise, chaque nouveau catalogue ou brochure mis en ligne depuis juin 2025 est potentiellement concerné. Selon votre secteur et votre taille, d’autres obligations peuvent s’ajouter, comme le RGAA. Je les détaille dans notre article RGAA : ce qui change réellement pour les entreprises.
Et au-delà de la loi, il y a vos lecteurs : une personne malvoyante, dyslexique ou qui navigue uniquement au clavier doit pouvoir consulter votre catalogue comme n’importe quel autre client.
Par où commencer ?
Le plus simple, c’est de faire le point. Quels supports publiez-vous en ligne ? Lesquels sont les plus consultés ? Lesquels posent problème aujourd’hui ?
C’est l’objet de l’audit que nous réalisons sur vos catalogues et vos supports. Avant ça, je vous propose un premier échange par téléphone, pour faire connaissance et comprendre vos besoins. Sans engagement : juste un point clair sur où vous en êtes et sur ce qui est prioritaire.